Cette masse d'individus qui réclame à cor et à cri que nous cessions de la polluer, exprime ses peurs comme elle peut, ne pouvant pas grand chose contre les autres produits qui la menacent, elle s'est trouvée un remède dans le discours savant et médical des anti-tabac qui viennent d'inventer la notion de mort passive de ces non-fumeurs exposés aux maléfices de notre fumée envahissante ...
Je n'ai rien d'une criminelle, ni d'une suicidaire, mais je persiste à fumer quoi qu'on en dise, me sachant mortelle ainsi que tous, j'avoue même mon bien-être à fumer, la relaxation conférée par cette inhalation qui engendre ma pensée, mais aussi la nostalgie du temps où il était bon d'avoir ce geste sympa d'offrir son paquet de clopes aux partenaires d'une conversation au café du coin ...
Aurais-je été si socialement investie dans ma jeune vie si l'interdit de fumer lors des multiples réunions auxquelles j'ai participé avait sévi ?
Je sais que non, le « mal » est trop profond, il m'accompagne depuis mes treize ans, sans interruption, ni lors de mes grossesses, ni pendant l'allaitement, et tous, nous nous portons bien ... personne dans mon entourage, subissant passivement mon crime, n'a développé de troubles à ce jour !
Tout comme l'Amérique d'hier avec la prohibition de l'alcool, l'Europe d'aujourd'hui tend politiquement d'enrayer le tabac, quelques pays déjà ont inscrit l'interdit dans leurs lois, la Belgique avait commencé mais elle se pose la question de savoir si c'est bien le moment au nom de l'économie ?
J'aurais aimé une autre approche du problème, une possibilité d'avoir conjointement le choix au nom des libertés individuelles entre des lieux fumeurs ou non, chacun prenant ses responsabilités .
J'ai fais mon choix, ma cigarette et moi ne sortons plus, mais tous viennent chez moi, s'assouvir au bonheur des volutes qui teintent la vie de bleu, en attendant que passe la mode ...


